Le discours d'Hourtin (morceaux choisis)
Lire ce discours plus de dix ans après qu'il ait été prononcé
nous fait mieux entrevoir le chemin parcouru depuis les promesses des débuts jusqu'à une certaine maturité de marché, en passant par l'explosion de la bulle internet et les nombreuses remises en questions opérées... Céder aux visions iréniques qui nous annoncent un avenir radieux dans une société de l'information consensuelle, pacifiée et débarrassée de tous ses maux. La société de l'information sera ce que nous déciderons d'en faire. Voilà pourquoi il nous faut proposer aux Français un projet et une vision politique dans ce domaine. Cette vision politique, c'est celle d'une société de l'information solidaire. Nous sommes décidés à combler le retard français en matière de technologies de l'information, qui pourrait avoir rapidement de graves conséquences en terme de compétitivité et d'emploi. La France et la culture française doivent occuper toute leur place dans la société mondiale de l'information. Mais nous refusons que le fossé séparant ceux de nos concitoyens qui maîtrisent ces nouveaux outils du reste de la population s'accroisse. Faciliter le développement de la société de l'information en France tout en permettant l'accès du plus grand nombre aux nouveaux services : telle est l'ambition de mon Gouvernement. L'action du Gouvernement repose sur l'ouverture d'un débat public. J'ai en effet la conviction que les solutions ne peuvent être imposées d'en haut à la société. Quelle que soit son importance, il serait illusoire de tout attendre de l'intervention publique. L'État n'a pas vocation à se substituer aux autres acteurs de la société de l'information : particuliers, entreprises et collectivités territoriales. C'est pourquoi je souhaite que le programme d'action gouvernemental pour la société de l'information fasse l'objet d'un débat public à travers lequel chacun, et je pense particulièrement aux associations, pourra réagir à nos propositions. Les modalités en seront précisées en même temps que le programme d'action sera rendu public. 3/ Pour être efficace, notre action doit s'articuler autour de priorités.
Le développement en milieu scolaire de l'utilisation des technologies de l'information répond à un double objectif : L'ordinateur ne peut en aucune manière se substituer à l'enseignant. Mais il peut en devenir l'auxiliaire précieux. Je suis convaincu que les technologies de l'information constituent un vecteur d'apprentissage du savoir et d'accès à la culture. Si ce savoir nouveau n'est pas donné à l'école, le fossé se creusera entre les jeunes dont les parents peuvent acheter un ordinateur et ceux qui n'ont pas cette chance. Trois types d'actions sont indissociables :
En ce qui concerne les moyens, il ne suffit pas de proclamer que toutes les écoles doivent être équipées et raccordées. C'est un objectif évident, que je fais bien sûr entièrement mien. Ce qui importe, c'est de savoir comment, à quel rythme et à quel coût doit se faire cet équipement, sans oublier, surtout, qu'il s'agit d'une compétence partagée entre l'État et les collectivités locales. Une concertation approfondie avec les régions, les départements et les villes est par conséquent indispensable. Nombreux sont les établissements qui bénéficient déjà, grâce au dynamisme du rectorat ou de la collectivité locale compétents, des moyens nécessaires. Mon souci est bien d'empêcher l'apparition d'une école à deux vitesses dans laquelle certains établissements bénéficieraient du meilleur quand d'autres seraient privés de l'accès aux technologies de l'information. Ce souci guidera, je le sais, les propositions que le ministre de l'Éducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie fera prochainement dans ce sens. Mais nos efforts resteraient largement vains, et les déceptions provoquées par les grands plans d'équipements passés nous le montrent, si un effort considérable de formation n'était pas engagé parallèlement. Nombreux sont les enseignants qui utilisent, depuis longtemps déjà, les technologies de l'information. Il faut à présent, en s'appuyant sur ces compétences multiples, généraliser cette pratique, tant au niveau de la formation initiale que de la formation continue. Enfin, l'effort en matière d'équipement et de formation doit s'accompagner d'un soutien volontariste à la production de programmes pédagogiques multimédias, accessibles sur Internet et par d'autres outils de diffusion. Deuxième priorité : le développement de notre présence culturelle sur les nouveaux réseaux d'information doit être assuré. Troisième priorité : le commerce électronique doit être développé grâce à l'initiative privée. Les entreprises du secteur des technologies de l'information et de la communication constituent notre quatrième priorité. Cinquième priorité : la mise en réseau des services publics constitue un enjeu démocratique. Sixième priorité : une régulation efficace est une condition du développement des réseaux d'information Elle suppose l'aménagement d'un cadre législatif et réglementaire protecteur, tant sur le plan interne qu'international. Pour être efficace, notre action doit s'articuler autour de priorités Les initiatives du Gouvernement pour préparer l'entrée de notre pays dans la société de l'information répondent à de grandes préoccupations :
Cette politique, pour être efficace et lisible, doit s'articuler autour d'un nombre limité de priorités :
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